
C'est dans l'eau ! En ce moment sur les marchés, c'est la foire au tracts ! Pas seulement ceux des candidats aux municipales. On distribue aussi ceux de l'Arecabe * . Ils demandent l'abandon du projet d'arasement du barrage de la Chappe, au niveau du moulin du même nom, au bord du boulevard d'Auron. Le dossier n'est pas nouveau. On en parle depuis 2011. L'association, qui milite pour la réouverture du canal de Berry, considère que cet arasement va « entraîner une transformation fondamentale de la racle, portion de rivière empruntée par le canal; renier 150 ans du passé industriel de la ville; hypothéquer l'avenir touristique de l'agglomération; favoriser le développement de plantes aquatiques invasises et augmenter les charges d'entretien des banquettes végétalisées.» Et de conclure : « C'est encore 520 mètres de canal qui risquent de disparaître dans Bourges. »
Hier, on m'a fait parvenir une pétition, lancée par un Comité de soutien au moulin de la Chappe, allant dans le même sens. Dans laquelle on peut lire que le coût de l'opération d'arasement varie entre 380.000 et 470.000 euros. Pour les pétitionnaires, l'arasement pourrait entraîner la disparition du Moulin. Précision : il fonctionne depuis longtemps à l'électricité et n'utilise plus la force de l'eau. Je lis : « Le Moulin avait été construit les pieds dans l'eau, en amont du petit barrage qui en retient un volume suffisant pour le maintenir debout. Si l'eau s'en va, tout s'en va. » Qui est sûr de ça ?
Ce projet fait suite à la Loi sur l'Eau de 2006 que l'Agence Loire-Bretagne « applique au sens le plus strict », explique l'Arécabe. Et c'est le Syndicat intercommunal pour l’aménagement des bassins de l’Auron, l’Airain et leurs affluents (Siab3A) qui est chargé de le mettre en application.
Le Siab3A explique de son côté que le projet d’arasement du barrage de la Chappe « a simplement pour but de respecter la nouvelle réglementation et la directive européenne qui veulent que « soit restaurée la continuité écologique des rivières ».
Le Syndicat ajoute que la passe à poissons, proposée par l'Arécabe, ne peut pas être retenue, car elle ne laisserait pas passer les sédiments. Il a donc opté pour l’arasement du seuil avec la réalisation de berges. Ce dernier aiderait à « maintenir un niveau d’eau dans le canal , y compris l’été grâce aux berges ». « L’eau s’écoulera entre les banquettes », indique dans la presse locale la chargée de mission avant de préciser que « l’effacement n’est pas total, la semelle est conservée et qu'il n’y a donc pas de soucis à se faire concernant la stabilité du moulin voisin ainsi que du boulevard Juranville ». Qui est sûr de ça, bis ?
On en est là. On n'a pas beaucoup entendu les candidats aux municipales sur le sujet. Sous le manteau, certains confient que le résultat « risque d'être catastrophique ». Dossier à suivre, donc. D'autant qu'une enquête publique doit être prochainement ouverte.
* Arécabe : Association pour la réouverture du canal de Berry.