C'est trop ! Voilà, c'est fait, comme prévu, le maire-président a annoncé hier que la Biennale d'art contemporain 2015 n'aurait pas lieu. Après le Festival du film écologique, c'est la deuxième manifestation que la nouvelle municipalité passe à la trappe. L'entreprise de désertification culturelle est bien en marche...
Inventée en 2002 par Philippe Gitton, l'adjoint à la culture de la municipalité précédente, la Biennale était installée avec bonheur dans le paysage culturel berruyer et très attendue par les amateurs d'art contemporain. Qu'est ce que lui reproche aujourd'hui le premier magistrat ? Son coût et son côté élitiste... Son coût : 200.000 euros. Une broutille au vue des dépenses faramineuses entreprises par la municipalité précédente et son adjoint aux travaux... Second argument, l'élitisme ! L'accusation, facile et déjà entendue dans des municipalités très ... droitières, a évidemment pour but de décrédibiliser la Biennale. Le maire a donc annoncé qu'il souhaitait pour 2016 une manifestation repensée, « populaire et pas chère », (50.000 euros), ce qui revient à dire que le peuple, justement, ne mérite rien d'autre que des trucs au rabais...
Des réactions ? Ben oui. Voir les réseaux sociaux. Sur son blog Yannick Bedin, conseiller d'opposition PCF parle de « gâchis » et de « non-sens économique et culturel ». Même chose pour le conseiller PS Bruno Lefelle, il dénonce une « politique de la terre brûlée »... Quant à Philippe Gitton, qui aurait pu évoquer une vengeance politique, il rappelle, dans la presse locale, que la Biennale avait attiré 24.000 personnes en quatre jours, lors de sa dernière édition - on ne savait pas que Bourges comptait une telle élite. Et ajoute : « Être populaire, ça ne veut pas dire organiser une fête avec une structure gonflable. Être populaire, c'est mettre l'art contemporain au pied des gens ».