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Bourges-Bazar

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Des mots, des photos, des infos ... par Alain Fourgeot


Quand les vitraux étaient à Saint-Émilion ...

Publié par Alain Fourgeot sur 9 Mars 2016, 11:57am

Catégories : #Arts.Cathédrale.Histoire

Quand les vitraux étaient à Saint-Émilion ...

C'EST HISTORIQUE ! C'est en lisant le très beau livre que Jane Anson a consacré à Château Angélus, sur lequel je reviendrai dans les Fous de vin, que j'ai découvert cette anecdote, concernant les vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges. L'affaire se passe avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale ...

« Saint-Émilion joua un autre rôle - secret mais d'importance capitale - durant ces longues années de conflit. L'église monolithe de la ville figurait parmi les plus fameux monuments historiques de France, et elle était à ce titre bien connue de Georges Huisman, directeur général des Beaux -Arts dans le gouvernement d'Édouard Daladier et futur fondateur du Festival de Cannes. Lorsqu'il devint de plus en plus clair que la guerre était inévitable, la France commença discrètement à prendre des dispositions pour préserver ses principaux monuments et œuvres d'art. Le souvenir des terribles destructions de la Première Guerre Mondiale était encore à vif dans les mémoires. Huisman consacra un budget généreux à la confection de caissons pour protéger les précieux vitraux des églises et des cathédrales françaises. Avec Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques, il élabora dans le plus grand secret un plan d'une telle efficacité que plusieurs semaines avant avant la déclaration officielle de la guerre, plus de cinquante mille mètres carrés de vitraux furent soigneusement détachés, rangés dans des caissons préparés à cet effet, puis transportés vers des caches où ils seraient entreposés en attendant le retour de la paix. L'un des principaux abris destinés à accueillir ces précieuses verreries se trouvaient sous l'église monolithe de Saint-Émilion. Huisman avait pensé, avec raison, que le vaste caveau de pierre creusé huit siècles plus tôt sous les ordres du seigneur Pierre de Castillon, serait un refuge parfait pour ces trésors de l'art médiéval français, parmi lesquels figuraient certainement les vitraux des cathédrales de Chartres et de Bourges. Les Saint-Émilionnais ne se doutaient pas que ce qui reposait sous leurs pieds, et encore moins les soldats allemands, trop occupés à se régaler du vin local qu'on leur devait dans les restaurants et les cafés de la ville le temps de leur séjour forcé.»

Si vous ne connaissez pas l'église monolithe de Saint-Émlilion, ne la manquez pas lors de votre prochaine visite des vignobles de Saint-Émilion...

Angélus de Jane Anson, photographies de Guillaume de Laubier, Éditions de La Martinière. 50 euros.

Angélus de Jane Anson, photographies de Guillaume de Laubier, Éditions de La Martinière. 50 euros.

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