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Bourges-Bazar

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Des mots, des photos, des infos ... par Alain Fourgeot


Nous n'irons plus au Caveau, chez Jeanine ...

Publié par Alain Fourgeot sur 9 Août 2021, 17:10pm

Catégories : #Commerce.Mémoire.

Nous n'irons plus au Caveau, chez Jeanine ...

C'EST FERMÉ ! Il était le tout dernier bistrot du genre, rue Édouard-Vaillant ! L'ancienne rue de la soif, que les moins de cinquante ans n'ont pas connue, avec sa trentaine de débits de boissons faisant souvent épiceries, devenue une contre-façon de Barbès, vient de perdre son monument historique avec la fermeture du Caveau. Jeanine, pas loin de quatre-vingt dix ans au compteur, dont une cinquantaine derrière son zinc, est depuis quelques semaines dans une maison de retraite. Le mobilier, les verres, le juke-box noir et blanc des années 1960, le billard français, les bestioles empaillés, dont un magnifique faisan doré, les tableaux et les calendriers des PTT, les flacons de parfums qui participaient à la déco, ont été en partie vendus au cours d'un vide-maison le week-end dernier. Ce qui n'a pas été emporté sera remis en vente le week-end du 15 août.

Chez Madame Jeanine, comme nous l'appelions affectueusement, les habitués du quartier côtoyaient les amateurs d'art quand le Caveau servait de lieu d'exposition. Les clients du marché Saint-Bonnet venaient le dimanche matin y boire l'apéritif, un verre de blanc sans faux col ou une Suze, tout en écoutant Aznanour ou Piaf, dont les voix sortaient du juke-box collector toujours opérationnel. Des âmes seules traînaient parfois tardivement leur spleen devant le comptoir et leur jaune...

Chaque année, avec des copains, nous y organisions une petite réunion apéritive. Madame Jeanine, toute chétive, tout sourire, dans l'empathie, remplissait les verres tout en demandant des nouvelles de tous ceux qu'elle avait connus « dans l'temps », s'ils étaient « encore de c'monde », en racontant quelques souvenirs d'une époque où la bonne humeur et l'envie de partager un verre avec de vieux copains servaient de pass sanitaires...

Certains habitués de cet incroyable bric-à-brac disaient souvent que Madame Jeanine n'arrêterait jamais, qu'elle mourrait  en servant son dernier verre. Ce ne sera pas le cas.  Si un lecteur de Bourges-Bazar lui rend visite là où elle est aujourd'hui, qu'il lui transmette toute l'affection de « la bande au Dédé » ...

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Christian lecesne 11/08/2021 09:00

Et en plus c'est bien écrit...

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