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Bourges-Bazar

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Des mots, des photos, des infos ... par Alain Fourgeot


« Une Maison qui ne violente pas le site ...»

Publié par Alain Fourgeot sur 20 Décembre 2014, 15:11pm

Catégories : #Maison de la Culture.

« Une Maison qui ne violente pas le site ...»

C'est de l'archi ! On en sait donc un peu plus sur le projet architectural de ce que devrait être la prochaine Maison de la Culture de Bourges, dite du XXIème siècle. Scène nationale... Comme moi, près de quatre cents personnes, réunis vendredi soir à l'Auditorium, avaient hâte d'entendre les explications de l'architecte, Jean-Christophe Ballet.

Que retenir de l'exposé, assez brillant d'ailleurs, de l'homme de l'art ? « L'idée soumise, qui correspondait au cahier des charges, a-t-il expliqué, était de créer un véritable village artistique qui s'inscrive lui-même dans une sorte de boucle culturelle ». Laquelle inclut bien évidemment l'école de musique et son Auditorium, mais aussi les Rives d'Auron et la place Séraucourt, où se déroule le Printemps de Bourges, sans oublier l'ancienne MCB. « Il n'y a pas de passerelle entre ces endroits, entre le haut et le bas de la ville, a poursuivi Jean-Christophe Ballet, et la nouvelle Maison de la Culture va créer cette liaison. »

Suivit un diaporama montrant des plans de coupe. Entrée du public côté place Séraucourt. Sur la pente, des escaliers-gradins qui « poursuivent le parcours artistique vers le conservatoire et prolongent les promenades de la pente ». Dans laquelle s'encastre « sans ostentation » l'immeuble , « qui ne violente pas le site ». Le tout dépassant à peine les six mètres au dessus du niveau de la place. « Nous avons prévu, à l'extérieur, un débord, pour abriter les spectateurs, avec, au bout, des voiles de béton perforés qui permettront un jeu de "deviner" entre l'intérieur et l'extérieur, voiles en forme d'arbres et de branches, comme une métaphore bâtie en hommage aux arbres de la place ». Qui ne seront pas touchés. Seuls les arbres de la pente devraient connaître les tronçonneuses.

Pour ce qui est de l'intérieur, un hall d'accueil et d'exposition, un grand théâtre de sept cents places, deux salles de cinéma, un restaurant, un "black box" de deux cents places, construits dans la pente. Côté rue Jean-Bouin, la partie technique et un quai de chargement destiné à accueillir les semi-remorques contenant les décors. Il faut ajouter que la "black box" (quel vilain mot) est complètement modulable, ouverte à toutes les créations, et que la grande salle peut voir sa jauge réduite à six cents places grâce à une scène mobile qui vient recouvrir les premiers rangs, augmentant d'autant plus sa capacité d'accueil.

Le président-maire ayant ouvert la réunion en rappelant la genèse du projet, les dates butoirs et le budget, trente millions d'euros hors taxes, Olivier Atlan, le directeur du "hors les murs", pouvait donner son point de vue. L'œil de l'utilisateur... content de son futur nouvel outil de travail. Rappelant qu'il y avait en France soixante-dix Scènes nationales « employant 1.700 salariés », il a précisé qu'une « Scène nationale n'était pas un théâtre municipal », qu'elle était chargée de missions, notamment celle d'accueillir des spectacles vivants, sous toutes leurs formes. Olivier Atlan a ensuite souligné que la MCB, même hors les murs, soutenue par l'État à hauteur de 1,2 millions d'euros par an, était aussi « un lieu de création de spectacles et de décors et que les spectacles qu'elle a ainsi co-produits ont été vus par 120.000 personnes en France ». Une réponse à tous ceux qui ne voit, dans cette Maison, qu'un « super marché de la culture »...

« Qui aura en plus un look de centre commercial », a lancé un des opposants au projet. Ils étaient une cinquantaine disséminés dans la salle, parmi les adhérents voulant s'informer alors que la "claque" municipale avait trouvé place dans les premiers rangs. Venus en force, si l'on peut dire, les membres des collectifs avaient à l'entrée distribué des tracts et des cartons sur lesquels était inscrit le mot "mensonge". Tracts dans lesquels les deux projets sont comparés, chiffres à l'appui. Les "mensonge" destinés à être brandis pendant les interventions du président-maire... « Ça veut dire quoi votre histoire de centre commercial, a répondu l'architecte. Quelles sont vos compétences pour qualifier ainsi ce projet ? Est-ce que l'ancienne Maison avait la gueule d'une salle des fêtes ? Non, elle est devenue ce que l'on a voulu en faire... ».

A propos du financement, sur lequel je ne reviens pas, on a déjà tout dit, le président-maire a parlé de « feux au vert ». Retenons que si tout se passe comme il l'espère, il restera à la charge de la ville une somme de dix millions d'euros. Et que, « si les impôts augmentent, la MCB n'y sera pour rien, il faudra plutôt mettre en cause la baisse permanente des dotations de l' État...» (sic).

Que retenir d'autres des interventions des membres du Collectif Lutte Séraucourt ? Une demande de « gel du projet, le temps qu'on se mette d'accord », et une demande de « référendum populaire ». Demandes conspuées par les défenseurs du nouveau projet. Autre question ? Ne pourrait-on pas construire ailleurs que sur « ce jardin remarquable » ? « Trouvez-moi huit mille mètres carrés en centre-ville » a rétorqué le président- maire sans entendre mon voisin proposer, en pouffant, les Près-Fichaux...

Et puis l'intervention de « Christian Gimonet, architecte » qui a trouvé la présentation de son confrère « intelligente » et le projet « pas médiocre », considérant par ailleurs que cette « Maison n'était pas une vraie Maison de la culture ni même un bâtiment du XXIème siècle ». Ce qui lui a valu des réponses cinglantes et amusées. Celle du président-maire :« Si, c'est un projet du XXIème siècle, pas du XIXème.» Celle de Jean-Christophe Ballet :« Cher confrère, il fallait concourir, peut-être même auriez-vous gagné. »... Circulez !

​. Et quelques éléments de plus...

Dans la presse de ce samedi et sur les réseaux, quelques nouvelles. D'abord cette prise de position signée conjointement par Roland Chamiot et Paul-André Aubrun. Le premier, ancien premier adjoint fut même l'éphémère maire de Bourges quand l'ex devint l'éphémère ministre de l'Écologie. Le second fut, toujours sous l'ancien régime, l'adjoint à l'urbanisme. Tous les deux se disent opposés au nouveau projet sur un « site qui présente l’inconvénient de détruire 8.000m2 d’espaces verts et va obérer l’utilisation conviviale et festive qui en est faite aujourd’hui ». On ne savait pas qu'ils y faisaient des teufs, nos ex...

​Et puis, sur le berry.fr, on apprend que, sorti de derrière ses moucharabiehs, Jack (Lang) quel-bel-homme, avait écrit (le 3 décembre) une lettre à la ministre de la Culture, y allant d'un « chère Fleur » pour lui demander s'il ne serait pas possible « avec modestie et enthousiasme, de réhabiliter l'ancienne Maison de la Culture ». Chère Fleur, si je peux me permettre, Bourges attend avec enthousiasme une aide ... modeste, de six millions d'euros et des poussières ...

C'est tout pour aujourd'hui ...

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M
Tout est dit et bien dit. C'est un très bon.....papier! Bravo.
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A
Merci, mais ce serait tellement mieux de ne pas être anonyme...
J
Écriture ciselee avec toujours beaucoup de precision. Merci.
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A
Merci. Et merci de suivre Bourges-Bazar...

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