C'EST CHLORÉ ! J'espère que cette phrase du président-maire-etc va être retenue par le jury du Prix de l'humour politique. Je cite : « L'État méprise les Français, les élus locaux ne peuvent pas tenir leurs promesses». Voilà donc pourquoi on en est là où on en est. C'est la faute à l'État ! Lisez le Président et ses sbires. Car non seulement François Hollande est responsable de la pluie qui nous tombe sur la gueule chaque jour férié, de la grêle de mai, des températures réfrigérantes et des melons qui n'avancent pas, mais les promesses non tenues des élus, c'est lui aussi. Ah, le gag ! C'est d'ailleurs lui qui a soufflé au P.M-etc, lequel tire sur tout ce qui bouge, de ne pas tenir les deux promesses suivantes: « Je ne serai que maire de Bourges et je n'augmenterai pas les impôts.»
Humour, donc, tout est humour, mais le sujet qui nous occupe aujourd'hui ne prête pourtant pas à sourire. Imaginez-vous, mais vous l'avez probablement lu et/ou entendu ailleurs, que le président-maire-etc a décidé de fermer la piscine Robinson. Je passe sous silence, volontairement, la réduction des activités périscolaires, toujours pour raison d'économie, je n'y connais rien en enfant, ni en périscolarité, ayant passé la mienne à effeuiller la marguerite au patronage, à courir dans la carrière de Pignoux et à chaparder des poires dans le jardin du curé de Sainte-Barbe...Mais je ne nie pas l'importance du dossier, voyez.
Mais la piscine Robinson, ça je connais. C'est presque toute ma jeunesse, enfin toute mon enfance. C'est qu'on en a passé des journées caniculaires autour des bassins en attendant les vacances dans le Jura et les week-ends en Aronde au bord du Cher ou de la Loire. A Robinson, on y venait à vélo, un routier vert tilleul Jacques-Anquetil, et souvent, à pied en poussant le landau du petit neveu... C'est à Robinson, qu'on faisait des "compets" de crawl, quand on n'allait pas plonger aux Quatre Pelles, dans les marais, et faire les cons sur les barques pour ramasser des écrevisses et pêcher des grenouilles avec des hameçons à quatre branches.
Robinson... C'était une histoire de famille, c'étaient les années 1960... Ça sentait déjà le chlore dès l'entrée du chemin qui longe l'Auron, le seul accès à l'époque, et qu'on dévalait en sifflant... On pique-niquait autour des bancs, on apportait la glacière. Je revois des mamans donnant le sein sous les ombrages. La dame du vestiaire, toujours bronzée... Le fameux passage entre le petit et le grand bain, sorte de frontière entre l'enfance et l'âge adulte. C'était l'époque des slips de bain et des boxers shorts, des bikinis et des balconnets. Ah purée, Josiane, tes balconnets !
Voilà donc que Robinson va fermer. Son état de vétusté impose 50.000 euros d'entretien par an. Si on ajoute les autres charges, les salaires, Robinson coûte 250.000 euros par an... L'espace de convivialité pour les costauds du XV va en coûter 700.000... Et la course de boîtes, combien ? Le P.M-etc peut toujours tirer à boulets rouges sur l'État, ceux dont Robinson était la ligne bleue d'un horizon pas toujours très rose, ne comprennent pas. Son adjointe aux sports, qui twitte sans cesse, de bonne foi ou pas, sur les succès des clubs berruyers et sur sa présence dans les stades, pourra toujours twitter aux gamins du Val d'Auron et des quartiers voisins qu'ils devront aller se faire voir ailleurs ou lieu de prendre le frais à Robinson... Ou chanter. Pour leur mettre du baume au cœur : « Avant de toucher le fond, je descends à reculons »...
PS. Une pétition a été lancée par les élus de Bourges Ensemble qui ont également appelé à manifester devant la piscine Robinson le mardi 26 mai à 18 heures. Pour signer, c'est là : Ne_fermez_pas_la_piscine_Robinson.
PS2/ 26.05.2015. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Une seconde (en espérant qu'une troisième ne viendra pas) pétition a été mise en ligne pour demander la réouverture de Robinson... C'est ici : Réouverture traditionnelle de la piscine Robinson.
Du grand n'importe quoi, quand même...