C'EST PRIVÉ ! Le golf de Bourges va donc être privatisé dès l'année prochaine... C'est la ministre locale chargée des sports qui l'a annoncé. On s'en doutait, c'était prévu. Le gros coup de bois sur les tarifs n'était qu'une étape... Après le camping, le golf ! La privatisation des grands équipements berruyers bat son plein. À qui le tour ?
À la rentrée 2018, le golf ne sera donc plus municipal. Sa gestion sera entre les mains d'investisseurs... La décision aurait été prise fin août. Depuis, la Ville n'a pas traîné. Elle vient de lancer un appel aux candidatures. Elle proposera aux repreneurs un bail emphytéotique de quarante ans minimum, identique à celui conclu pour le camping. La ville restant propriétaire des deux parcours, le 18 trous et le compact de 9 trous et gardant donc la maitrise du foncier. Ce qui devrait, espérons-le, éviter la disparition du petit parcours au profit d'un lotissement « rentable », comme l'avaient déjà imaginé certains... La ville percevra une redevance annuelle, on ne sait pas de combien, et les nouveaux "locataires" assumeront tous les frais liés au fonctionnement des parcours. Les employés municipaux aujourd'hui chargés de l'entretien seront affectés à d'autres taches.
Pour la ministre, qui annonce à la gazette un « solde négatif de 270.000 », cette nouvelle organisation est « est la plus adaptée pour redynamiser cet équipement vieillissant, mais qui a un vrai potentiel ». Prochaine étape, le conseil municipal de mai 2018, qui choisira le ou les repreneurs auxquels les clés du golf seront remises à la rentrée de la même année. Quant sera-il des prochains tarifs ? « Le preneur […] déterminera librement ses tarifs ainsi que le programme des activités mises en place », dit l'appel à candidatures. « Nous serons attentifs à ce critère et à d'autres », précise la ministre. Attentif mais pas décisionnaire... Probable que les tarifs seront donc encore revus à la hausse, les investisseurs n'étant pas, en règle général, de grands philanthropes...
À l'origine, et il y a encore peu de temps, la ville pouvait s'enorgueillir d'afficher des prix d'accès aux parcours parmi les plus bas pratiqués dans les golfs français, participant ainsi à la démocratisation d'un sport autrefois pratiqué par le haut du panier... Il se pourrait bien que, à l'avenir, le golf soit, ici à nouveau, taxé de sport de riches. Vous me direz que c'est dans l'air du temps, on a bien un « président des riches » ...
