C'EST TERRIEN ! Le grès et ceux qui le façonnent sont à l'honneur tout cet été, et plus encore, au travers de deux magnifiques et incontournables expositions. À l'Hôtel Lallemant, Musée des Arts décoratifs, cent soixante-dix œuvres sont réunies sur le thème des Pionniers de la céramique moderne, La Borne. Inaugurée ce dernier jour de juin, l'exposition a reçu le rare label Exposition d'intérêt national délivré par le ministère de la Culture. Elle a été construite, remarquablement, « autour d'une unité de temps et de lieu, celle de neuf artistes qui se sont installés, entre 1941 et 1959, dans le village de La Borne » explique la commissaire, Dominique Deyber. Cinq hommes et quatre femmes qui vont révolutionner par leur création, l'art du grès. » Leurs noms sont aujourd'hui bien connus, au-delà des frontières du Berry : Jean Lerat, André Rozay, Jacqueline Bouvet, Vassil Ivanoff, Pierre Mestre, Elisabeth Joulia, Yves Mohy, Monique Lacroix, Claudine Monchaussé. » Les deux dernières sont toujours en activité dans le village des potiers. Installée dans les dix pièces du magnifique hôtel Renaissance, cher aux alchimistes, l'exposition permet, grâce à de nombreuses archives et documents, de remonter l'échelle du temps et de partir à la découverte de ces « passeurs et pionniers d'une transition vers une céramique artistique et sculpturale ». À l'extérieur du musée, un jardin paysager, créé par le service des espaces verts de la ville, propose une sculpture et des fontaines d'eau, dans un décor de forêt locale... Jusqu'au 9 janvier au 5 de la rue de l'Hôtel Lallemant. 10-12 heures et 14-18 heures. Fermé le lundi et le dimanche matin.
- Le grès encore, au Château d'eau, avec les personnages de Fanny Ferré. L'exposition, baptisée Histoires d'eau, est organisée en partenariat avec la Galerie Capazza de Nancay, ou l'artiste, installée en Normandie a ses habitudes . « Je cherche à ce que les personnages dégagent la vie », explique Fanny Ferré. Et c'est tellement... vrai, qu'on a l'impression de croiser des êtres qui « ont définitivement adopté la grâce énigmatique des nomades », rencontrés ici et là, au hasard des voyages... « Façonnées comme par le vent, leurs silhouettes puissantes mais gracieuses, nimbées de longues chevelures et de rares oripeaux, n'en finissent pas de prendre le large » écrit Françoise Monnin, la rédactrice en chef du magazine Artension... Toutes définissent la condition humaine tel un désir inassouvi d'ailleurs, sempiternellement dynamique. Il ne fuient pas. Ils cheminent.» Et nous avec ... Jusqu'au 23 septembre au Château d'eau, place Séraucourt. Entrée libre de 15 heures à 19 heures tous les jours sauf le lundi.