C'EST DANS L'ACTU. C'est une rubrique qui revient régulièrement ici, autour du 5 du mois. Une sorte de grand bazar d'échos, d'infos, de mots. Comme un trait d'union. Certains m'ont suggéré de changer le mot "lisible" par le mot "risible" et il est vrai que, parfois, c'est tentant. Épisode 66. Où il est question de quoi ? Des municipales, en fait, voilà !
- C'est posé ! Comme vous le savez, si vous êtes un fidèle de cette rubrique, François Cormier-Bouligeon, dit FCB, le député de la première circonscription, ne sera pas candidat aux municipales. Il avait pourtant été le premier à annoncer sa candidature en juin 2019, avant d'être désavoué par les instances parisiennes de LREM, lesquelles ont préféré soutenir le désormais « macron-compatible » Pascal Blanc, histoire de ne pas se mettre à dos le Parti radical, à deux ans de la Présidentielle. FCB s'est donc retiré et reste relativement discret pendant cette campagne. « On ne le voit plus sur les photos, même quand un ministre descend en ville, alors que les deux autres députés, tout sourire, sont régulièrement photographiés avec le maire de Bourges » faisait remarquer l'autre jour un observateur avisé de la politique locale...
- C'est dit ! En parlant de visite ministérielle, le Berruyer secrétaire d'État Laurent Nuñez était une nouvelle fois à Bourges, mi-janvier, pour une remise de médaille. Comme vous le savez, il a profité de sa venue pour confirmer officiellement à la gazette locale qu'il ne serait pas candidat aux municipales, ni ici, ni ailleurs, Marseille avait été annoncée un temps par la gazette nationale dominicale, et qu'il se consacrait à sa mission sécuritaire que lui a confiée le Président. « C'est une bonne excuse, il se pourrait bien qu'il n'ait pas voulu faire liste commune avec Pascal Blanc parce qu'il ne croit pas en la victoire de ce dernier, et comme il a d'autres ambitions... », analyse le même observateur...
- C'est choisi ! Laurent Nuñez a par ailleurs précisé que le choix opéré par LREM est « de soutenir des candidats quand ils soutiennent eux-mêmes la majorité présidentielle » et donc Pascal Blanc, qui n'a pourtant pas toujours été tendre avec le Président au début de son mandat... « Je suis utile à mon pays en étant mobilisé à 100 % à mon poste, au gouvernement, a ajouté le secrétaire d'État, et j’apporte naturellement et évidemment mon soutien au maire de Bourges. Mais ne pas être candidat ne m’empêche pas d’être très investi pour la campagne, notamment sur les questions de sécurité. »
- C'est cité ! Lu sur la page FB du maire sortant : « Les conservateurs sont des pessimistes, ils sont contre tout et ne proposent rien de réaliste. Laissons la place aux progressistes que nous sommes. Nous sommes résolument optimistes. Venez nous rejoindre ». Ce que l'on avait déjà lu... Pascal Blanc aurait pu aussi citer Oscar Wilde : « Le pessimiste est celui qui, entre deux maux, choisit les deux .» Où l'écrivain de science fiction Robert Anson-Heinlein : « Un pessimiste a plus souvent raison qu'un optimiste mais l'optimiste s'amuse plus et aucun des deux ne peut arrêter la marche du monde.» Ainsi-soit-il !
- C'est l'An neuf ! Par mesure d'économie, le maire de Bourges a supprimé, dès 2015 , nombre de manifestations considérées comme coûteuses. Liste non exhaustive : la Biennale d'art contemporain, les feux d'artifice de la nuit du Nouvel An et les vœux aux Berruyers. Philippe Mousny promet, lui, de remettre le couvert pour les vœux s'il est élu : « Ce fut une décision prise par le maire sans consultation de son équipe, écrit, sur sa page FB, le candidat Républicain. Pourtant les finances de la ville seraient bonnes désormais, enfin paraît-il, ajoute-t-il, coquin, alors pourquoi ne pas avoir programmé ce moment convivial, de proximité et d'échanges avec les habitants ?»
- C'est Insoumis ! Tous les coups sont-ils permis pendant cette campagne municipale ? La question ne se pose pas pour le PM-etc. Sur Twitter, il a écrit : « Vous pouvez compter sur les donneurs de leçon mélenchonistes pour vaincre la pauvreté à #bourges. Leur leader national fait partie des 1% d'êtres humains les plus riches de la planète. Ils sont en nombre sur la liste de Monsieur Galut ! » C'est l'hebdomadaire Le Point qui a sorti cet info, suite à un rapport de l'ONG Oxfam, publié avant le sommet de Davos. Rapport dont la méthodologie a été depuis remise en cause.
- C'est coloré ! Dans une précédente rubrique, Les quatre listes sous la loupe, il a été question du chèche bleu, presque indigo, arboré par Pascal Blanc et ses soutiens. Le chèche, comme signe de ralliement, n'est pas l'apanage du sortant puisque Yann Galut et ses colistiers l'affichent également autour du cou. Dans la liste d'union des gauches, il se décline en bleu turquoise cette fois, mais aussi en jaune, en rose, en vert, en violet, selon l'inclinaison politique des co-listiers... Le chèche pour toutes et tous et de toutes les couleurs de l'arc en ciel politique... Propos de comptoir : « Son-ti fabriqués en France, ceu'fichus ? »
- C'est français ! Je sais bien que les candidats et leurs soutiens ont autre chose à penser et je ne suis moi-même pas exempt de quelques fautes, mais serait-ce trop exiger de leur part qu'ils respectent un peu mieux l'orthographe et la typographie dans leurs messages postés sur les réseaux sociaux et sur leurs documents de campagne, histoire de jouer ce rôle d'éducateur que l'on est en droit d'attendre aussi des élus... Ainsi, la route de La Charité* n'est pas celle de la Charité, le mot maire n'a pas besoin de capitale sauf en cas d'ego surdimensionné, pas plus de capitale à président, qu'il soit de la République ou d'une association quelconque, un Français lui la mérite, la capitale, qu'il parle plus ou moins bien le français, langue capitale qui n'en a pas besoin dans le texte... Une citation ? « Oui, j'ai une patrie, la langue française. » C'est d'Albert Camus.
- C'est géré ! Selon le magazine Le Point, Bourges figure à la trente-deuxième place des villes françaises les mieux gérées. Une nouvelle qu'évidemment la majorité sortante s'est empressée de partager des dizaines de fois sur les réseaux sociaux. Chez les adversaires, on a préféré partager, c'est de bonne guerre, un autre classement, publié par la gazette autant nationale que dominicale sur les villes et villages où l'on vit le mieux. Et Bourges ne figure pas dans les cinquante communes en question. Le Républicain Philippe Mousny n'a pas manqué de faire remarquer que la ville de Châteauroux,« administrée par le Républicain, Gil Averous, candidat à sa succession, se trouvait à la 46e place ».
- C'est absous ! On se souvient du tollé qu'avait provoqué FCB, le député de la première circonscription, avec son post sur les pompes à sirops Monin qu'il avait apportées à l'Assemblée nationale, démarche qui lui avait valu un rappel à l'ordre de la déontologue de la docte Assemblée. Saisi, le bureau de l'AN a refusé de sanctionner le député au motif « qu’en l’absence de conflit d’intérêts, il n’y avait pas lieu à statuer. » FCB s'est évidemment réjoui de cette décision et a remercié ses collègues : « La sagesse et le bon sens l’ont emporté, a-t-il posté, merci au bureau de l'Assemblée nationale d’avoir compris ma passion pour le territoire et le terroir de mon #Berry natal que je suis si fier de représenter au parlement ! Comprenez-moi. Je n’ai aucune fortune. Ma probité et mon honneur sont mes seuls biens. Les voir mis en cause a été pour moi une souffrance. Qu’ils soient aujourd’hui reconnus m’est d’un grand soulagement ! »
- C'est de l'info ! La gazette a lancé un appel aux témoignages de grévistes avant la manifestation du 24 janvier contre la réforme des retraites. François Cormier-Bouligeon a suggéré au journal de demander « à celles et ceux qui le souhaitent de témoigner ici leur soutien à la réforme ! ». « Je sillonne ma circonscription de long en large depuis le 3 janvier. A chaque cérémonie, entre cent et trois cents habitants rassemblés pour les vœux communaux. Systématiquement des citoyens viennent me voir pour me dire : "Tenez bon, ne cédez pas, votez la réforme des retraites monsieur le député." Pourquoi donnerait-on la parole seulement aux contestataires ? Certes ils sont bruyants. Certes ils sont violents. Et certes ils sont minoritaires...»
- C'est localisé ! Dans une lettre aux Berruyers, Pascal Blanc a vertement réagi aux allégations des membres de la liste Bourges pour toutes et tous concernant la supposée non-candidature de la ville de Bourges à l'accueil des services des finances publiques délocalisés. « Bien entendu, Bourges a candidaté ! » écrit le PM-etc, précisant qu'après Vierzon, qui recevra ces services dès 2021, Bourges « sera dans la deuxième liste annoncée au printemps par le ministre Gérard Darmanin.» Et d'ajouter : « Ces mensonges répétés et ces méthodes médiocres venant de Yann Galut et de Yannick Bedin ne m'étonnent pas, ils sont la marque de fabrique de cette liste socialiste, communiste et mélenchoniste depuis le début de la campagne. Par contre, je suis particulièrement déçu d'Hugo Lefelle* qui, par ses fonctions (...) de conseiller du président de la Région Centre-Val-de-Loire, devrait avoir plus de retenue et surtout de la justesse dans ses allégations. »
- C'est ad hominem ! Des attaques qui n'ont pas été appréciées par FCB, le député. « Comme je le craignais, cette campagne électorale à Bourges, qui aurait dû rassembler autour d’un projet d’avenir et de vraies propositions pour les Berruyères et les Berruyers, tourne à la foire d’empoigne et à l’invective écrit-il sur FB. Quel dommage ! Ce matin une ligne blanche a été franchie. Je ne peux accepter les attaques ad hominem et la mise en cause professionnelle d’Hugo Lefelle. J’appelle les candidats à se ressaisir, à retrouver la sérénité, pour offrir aux électeurs un vrai débat démocratique.»
- C'est tropical ! Le directeur de campagne de Pascal Blanc est parti passer quelques jours de vacances dans l'île Papillon des Antilles françaises, la Guadeloupe, et cela fait jaser dans l'équipe du PM-etc et chez ses adversaires. Accompagné d'un sourire moqueur, ce commentaire de Yann Galut à propos de son propre directeur de campagne : « Merci à Guillaume Crépin de s’engager comme directeur de campagne à mes côtés. Guillaume met toute sa rigueur d’organisation et sa force de travail au service de notre liste. Quant à ses vacances, Guillaume les utilise pour faire campagne à #Bourges. »
- C'est un pouce ! On termine par un... sondage qui n'en est pas un. À l'heure ou je poste ce billet, les mentions J'aime, de cet amour qu'on distribue avec un pouce en l'air sur Facebook, sont ainsi distribuées aux pages des quatre listes de la façon suivante : 2.227 pour Yann Galut, 2.217 pour Pascal Blanc, 1.158 pour Irène Félix et 528 pour Philippe Mousny. Blanc et Galut sont au coude-à-coude... Faisons les comptes : ce qui nous donne 3.385 à gauche et 2.745 à droite, soit 640 pouces d'écart ! Ne pas prendre ces chiffres pour de l'argent comptant, hein !
- C'est tout pour aujourd'hui ...
* Conseil valable aussi pour les agences chargées des pubs sur les grands écrans du CGR.
** Conseiller municipal et conseiller départemental socialiste.
