C'EST RÉCURRENT ! Plutôt que de s'écharper à propos de l'installation d'une antenne-relais d'un opérateur téléphonique *, les candidats au trône de maire feraient mieux de dire aux maraîchers comment ils vont régler les nombreux problèmes qui se posent dans ces 135 hectares classés, qualifiés de « poumon vert au cœur de la ville » dans les dépliants touristiques ... Car le poumon peine de plus à en plus à respirer : pollution**, plantes invasives***, abandons de parcelles, circulation intempestive des voitures sur les chemins d'accès, incivilités, actes de vandalisme.
Derniers en date, en début de semaine, dans les marais des Bas-Ribauds, puis le lendemain dans ceux des Mariens. Deux nuits de suite. Une quinzaine de cabanes fracturées. Des bidons d'essences et du petit matériel volés. Des pommes de terre et des carottes arrachées et emportées. Bref, une partie de la récolte de gens qui ont déjà peu. Lamentable ! Du coup, oui, la colère monte, comme à chaque fois. Certains maraîchers envisagent de passer la nuit dans leur cabane pour tenter de surprendre les voleurs. Un scénario déjà connu. Il y a quelques années, les veilleurs étaient tombés sur un Arsène Lupin des légumes, qui avait passé un mauvais quart d'heure...
Michel Melin, le président de Patrimoine Marais a interpellé la mairie, comme d'habitude. Pour notamment demander des patrouilles de police supplémentaires. Pour savoir si les fameuses caméras installées chemin de Babylone et chaussée de Chappe fonctionnaient. On se souvient que l'été dernier, alors que les marais étaient à sec, de très nombreux vols avaient été commis dans les marais d'en-haut. Les caméras ne fonctionnaient pas, l'une n'était pas branchée, l'autre était en panne. On ne rit pas ! Qu'en est-il aujourd'hui ?
Les patrouilles de police, promises l'autre matin par l'adjoint à la sécurité Philippe Mercier, permettront-elles que l'été se passe sereinement dans les marais de l'Yèvre et de la Voiselle ? On verra...
* Un projet d'une antenne-relais de téléphonie de plus de trente mètres de haut sur une parcelle maraîchère à la limite des marais classés, dans le secteur Saint-François, est en instruction à la mairie, démarche normale. Les candidats aux municipales ont été interpellés par plusieurs riverains et bien évidemment la polémique, une vraie cour de récré de maternelle, a éclaté sur les réseaux. Conférence de presse sur le terrain pour les uns, mises au point sur FB pour les autres. Bref ! On résume : tout le monde est contre... Et il serait très étonnant que l'architecte des bâtiments de France, qui instruit le dossier, donne un avis favorable. Clap de fin !
** Un herbicide puissant ( du Gramoxone ) a été répandu cette semaine par un maraîcher sur un important herbier de jussie dans la rivière le Langis. De l'inconscience pure. Par ailleurs, depuis des années le Langis est un véritable égout à ciel ouvert à cause d'une pollution récurrente venant notamment des marais des Plantons et de la route de La Charité...
*** Jamais vu autant de jussie et de myriophyle dans l'Yèvre et les coulants. La sécheresse de l'an dernier, n'a probablement pas arrangé les choses. À quand la faucardeuse ?
PS. C'est Éric Meseguer, le maire-adjoint notamment délégué à l'écologie, qui avait en charge, depuis trois ans, le lourd dossier des marais. Il n'est pas resté les bras croisés : travaux de renforcement des digues, aménagement du port aux Échalotes et de la place des Frênes, travaux de restauration des marais Saint-Paul, études pour rendre publics certains chemins et espaces encore privés, projet de faire passer par les marais les chemins de Compostelle, etc. Quels que soient les résultats des municipales, le 28 juin prochain, espérons que tous ces dossiers ne seront pas enterrés...
