C’était avant ! Pendant la dernière visite théâtralisée de la vieille ville (voir par ailleurs), quelqu’un m’a demandé si j’avais connu la place Cujas à l’époque de l’École des Beaux-Arts… Pour sûr ! Elle n’a été démolie, rasée, qu'en 1976, un an avant les élections municipales qui ont vu l'arrivée de Jacques Rimbault, PCF, à la mairie de Bourges. Son prédécesseur, Raymond Boisdé, ancien ministre, blanchi sous le harnais, avaient inauguré, dans les derniers mois de sa mandature, de nombreux projets, dont le lac d'Auron, espérant ainsi, se faire réélire. Raté ! L'annonce de la refonte de la place Cujas, elle, avait été faite dès la fin des années 1960. L'idée est de la transformer en parking. Funeste projet dont on paie aujourd'hui encore les conséquences... Pour parvenir à ses fins, Raymond Boisdé envisage de raser l'école, dans la totale indifférence des Berruyers. Et pourtant elle avait de la gueule, l’école des Beaux-Arts de Bourges.
Construite sur l’emplacement de l’église des Carmes, elle aussi rasée en 1873, dès le début des années 1880, elle ressemblait un peu à un temple grec, vous voyez le clin d'œil, avec ses quatre colonnes, son escalier frontal et son style un peu pompier.
Je me souviens y être allé faire quelques escapades, alors que je fréquentais le petit lycée à l’hôtel des Échevins, où se trouve aujoud’hui le Musée Estève, puis le lycée Alain-Fournier, avant son transfert aux Gibjoncs, au milieu des années 1960. Je me souviens du gros chat blanc des concierges, dont la loge donnait rue des Beaux-Arts. Les étudiants bohèmes et leurs grands cartons, qui investissaient le bar voisin, me faisaient rêver. La Traction noire qui baladait dans les rues de Bourges la célèbre fanfare des Beaux-Arts aussi…
L’école des Beaux-Arts devait être reconstruite là où se trouve aujourd’hui l’hôtel de Bourbon, mais le projet n’aboutit jamais. Les étudiants investirent le lycée Alain-Fournier des années plus tard.
Et le « temple » tomba sous les bulldozers en septembre 1976…
PS. La carte postale est elle aussi d'un autre temps, celui des calèches !