C'est mon avis ! Il est revenu avec les beaux jours et il balade depuis déjà plusieurs semaines sa cohorte de touristes, moutons fainéants, dans le cœur historique de la ville … Autant l’avouer tout de suite, mais vous l’aviez compris au titre de ce billet de mauvaise d’humeur, je hais, je déteste, ces ridicules petits trains touristiques des villes, presqu’autant que les éoliennes industrielles, c’est dire… Malheureusement voilà, dans les deux cas, un combat à la don Quichotte. Ces horribles chenilles blanches montées sur caoutchouc, parfois jaunes, j’en ai vu une rouge, une bleue, fleurissent partout, en France comme à l’étranger, sur tous les fronts de mer, dans toutes les villes historiques, dans presque toutes les capitales, sauf à Vienne, en Autriche où les calèches n’ont pas encore été détrônées. A Bourges, il y a bien eu, il y a quelques années, un essai de calèche privée, lequel n’a guère été soutenu par la ville...
A Collioure, où la lumière inspira tant de peintres, la cote Vermeille n’est plus une merveille du tout depuis qu’une affreuse locomotive arpente les chemins de vignes. Que dire des petits trains de Quiberon, de Toulouse, d’Aix-en-Provence, de Marseille ? Une épidémie… J’ai le souvenir d’une sereine partie de pêche à la mouche au bord de la Vézère à Uzerches, dont le calme fut soudain troublé par un putain d’air d’accordéon craché par la bête dévalant la colline. Il me reste aussi dans la tête l'horrible cauchemar du petit train romain, déboulant à vive allure sur le gravier de la villa Borghese, mettant ainsi un terme définitif à l’infinie rêverie née de la visite de la Galleria et du souvenir de Pauline Bonaparte devenue une Vénus sous la main de Canova …