C'EST VASEUX ! C'était en décembre. Troisième phase de dévasement dans les coulants des Pas Perdus. Le programme n'est pas allé à son terme. Une des allées n'a pas été traitée « pour cause d'un taux d'hydrocarbure supérieur aux normes tolérées », explique l'Association des maraichers de Bourges (AMB) dans son dernier bulletin. Où va la vase ? Sur les jardins où sur les ilots municipaux (photo), qui permettaient jadis aux ânes de tirer les maraichères - je parle évidemment des plates ! La quatrième phase de dévasement devrait avoir lieu en février/mars... On verra bien. En attendant on peut se demander si ces opérations servent à quelque chose dans la mesure où seuls les grands coulants de circulation sont curés. La ville ne touchant évidemment pas aux coulants d'irrigation, privés, qui doivent être dévasés chaque année par les jardiniers, propriétaires ou locataires des lieux... Or, nombre de ces coulants, surtout dans les Pas Perdus, mais aussi dans les marais d'en-bas, sont envahis par les roseaux, les herbes, les arbres écroulés. Tant est si bien que l'eau circule évidemment très mal, surtout en cas de crues, d'où les inondations, et que les coulants dévasés par la pelleteuse seront très rapidement à nouveau envahis ...
A propos des coulants privés, l'AMB rappelle utilement, dans son bulletin de janvier, que « tout propriétaire riverain d'un fossé est tenu d'assurer son entretien régulier afin de le maintenir en bon état de fonctionnement et de lui permettre d'assurer sa fonction de libre écoulement des eaux provenant de l'amont de sa propriété ». Certes... Mais vu le nombre de friches, hein ! A propos de la libre circulation des eaux, il faut encore préciser que « boucher son fossé pour se réserver l'usage de l'eau et en priver ses voisins est interdit », y compris la pose de grillage qui empêche les poissons et la faune, nombreuse ici, de circuler librement. Quant au faucardage, il doit être réalisé tous les ans...
Voilà donc du boulot pour l'écogarde. Si telles sont ses missions ! Sont-elles d'ailleurs clairement définies ? On nous dit qu'il est en poste depuis le 1er janvier. Qu'il installe son bureau au Moulin de la Voiselle. Qu'il va être doté d'une barque payée par la ville. Dans le bulletin de l'AMB, on apprend qu'il « aura deux patrons, le maire-adjoint à la sécurité et la maire-adjointe à l'écologie ». « Que ses horaires seront fonction des saisons, souples en hiver, étendus en été. » « Ce qui nous intéresse, poursuivit l'AMB, c'est que, par sa proximité, il pourra faire remonter rapidement à sa hiérarchie les informations sur tout ce qui peut se passer dans les marais. » Encore faudra-t-il que les problèmes trouvent des solutions ...
On apprend encore dans le bulletin que « la police municipale mettrait en place à partir de janvier 2019, une brigade de nuit qui travaillerait, y compris dans les marais jusqu'à deux heures du matin. » 2019, oui, vous savez bien lu ... Et bien noté le conditionnel ! Deux ans de réflexion pour mettre en place une telle brigade. Qui arrivera un an avant les municipales... Rien n'est dit par contre sur la demande mille fois répétée d'une borne ou d'une barrière codée à l'entrée des chemins accessibles en voiture, qui permettraient aux seuls riverains de circuler ... Et aux visiteurs nocturnes de manquer de moyen de transport ...
PS. Le président de l'AMB, vient de sortir un livre sur l'histoire des marais de Bourges intitulé Du marécage aux marais classés, une aventure humaine. France Camuzat sera en dédicace le samedi 21 janvier, de 15 à 18 heures, au restaurant La Courcillière, rue de Babylone. Le livre est en vente 25 euros.