Il faut en rire ! Je viens de lire à Muguette (née un 1er mai), la chatte blanche et noire qui vit sur son (mon) île, une note signée par un monsieur Pavisse qu’on m’a fait passer il y a quelques jours. Et elle est morte de rire, ma Muguette, qu’elle s’en frappe les pattes sur son gros bide… Ainsi donc, si l’on en croit le monsieur chiroptère du muséum d’histoire naturel, ci-devant membre de la Société pour l’étude et la protection des mammifères, dont nous sommes, le chat est un danger pour la diversité de la petite faune des marais de Bourges… Il serait responsable, entre autres, de la disparition des serpents, notamment de la couleuvre d’Esculape (jusqu’à deux mètres de long) ou de la coronelle lissse (moins d'un mètre). Je n’ai personnellement jamais vu d’Esculade dans mon jardin, seulement quelques couleuvres à collier… mais je sais, d'expérience, qu'elles font à chaque fois grimper au cerisier ma Muguette ! La trouille, qu’elle a ! Muguette craint donc le serpent. Elle préfère s’amuser avec des souris et des petites rats noirs, ceux qui viennent bouffer dans sa gamelle, et qu’elle surveille d’un œil du haut de son fauteuil sur lequel elle ronronne la moitié de son temps. Elle m’a avoué avoir quelques fois succombé à la grenouille et au passereau, et avoir réussi à choper quelques taupes, celles qui défoncent régulièrement mes semis de radis…
Mais ce que Muguette a le moins supporté c’est d’être traitée d’alloctone, elle qui est née dans cette île et dont la famille est ici présente depuis plusieurs générations… Stérilisée, vaccinée, fidèle à sa maison, elle regarde de loin ces chats vagabonds qui n’appartiennent à personne et parfois s’aventurent de l’autre côté de la rivière ou des coulants pour venir squatter, après une séance de natation, son territoire… Elle m’a avoué qu’elle aimerait avoir des amis plus civilisés qui ne transforment pas son terrain de chasse en bordel. Au petit matin, il y a parfois des oreilles écorchées, des griffures qui peinent à guérir, mais elle compte sur moi pour la soigner. Et puis, elle n’aime pas beaucoup non plus la grosse poilue, toujours enceinte, qui vit sur l’île voisine et fait ses petits un peu n’importe où. Je suis d’accord avec elle, son maître devait l’emmener chez le docteur…
Voilà ce qu’elle voulait dire, la Muguette, à ce monsieur qu’elle ne connaît pas… Mais s’il veut un jour lui rendre visite, qu’il ne vienne pas les mains vides, j’adore le thon au naturel, qu’elle a précisé…
Avant de refuser d’être prise en photo. Son droit à l’image j’imagine…
PS. La photo, alors ? On ne lui a rien demandé à ce très beau chat libre, vivant sur une parcelle des marais du haut. (photo de Rémy Beurion, merci).